Le « Paquet d’Avenir » : entre Copernic, Picasso et Luc Frieden


Qu’est-ce que Picasso, Copernic et Luc Frieden peuvent bien avoir en commun ? 99,99 % des habitants de cette planète diraient bien évidemment « Rien ! ».

Tel ne peut cependant pas (ou plus) être le cas des luxembourgeois. Eux et eux seuls savent maintenant que ces personnes si différentes soient-elles, servent toutes à expliquer ou, mieux encore, à vendre le « paquet d’avenir » de notre gouvernement.

 Copernic c’est le bouleversement total de la représentation du monde. À en croire Xavier Bettel, après des années d’endettement effréné et irresponsable sous l’égide (bien entendu) du CSV, sa coalition se doit de révolutionner le monde des finances publiques par l’élaboration d’un nouveau budget sous forme pluriannuelle. Or, loin d’être une révolution copernicienne, cette manière de procéder constitue une exigence européenne. Restent les 258 mesures d’économie dont la population découvre chaque jour et non sans stupéfaction, une nouvelle. Parmi ces mesures figurent la suppression d’articles budgétaires ou plutôt, pour utiliser des termes coperniciens, les économies à travers le regroupement d’articles budgétaires. Annoncées comme moyens de simplification budgétaire en vue d’une plus grande flexibilité dans l’affectation des fonds visés, ces mesures ne font rien d’autre que dissimuler la destination réelle des deniers publics ! Où en est-on avec la transparence?

Aussi et malgré tout effort d’économiser, force est de constater que Gambia ne renonce pas à dépenser quelques 35.000 EUR dans des spots simplistes cherchant à expliquer le mécanisme de l’endettement ou encore 650.000 EUR pour l’engagement de consultants externes chargés de l’élaboration du fameux budget copernicien.

Picasso c’est le symbole même du tableau dérisoirement cher. Un Picasso détenu par l’Etat et ce en temps de crise, c’est un scandale ! Rien de mieux donc pour le Gouvernement que de tâter le terrain en annonçant une possible vente de ce chef d’œuvre. D’aucuns auraient espéré pouvoir dévier de cette manière l’attention des résidents sur les mesures réelles d’économie. Le contraire s’est produit et en bon démocrate, le gouvernement a dû se résoudre à faire marche arrière.

Enfin, Luc Frieden : même si le gouvernement précédent a été accusé à maintes reprises d’avoir laissé des tiroirs vides, on a, juste au bon moment d’ailleurs (et certainement par hasard), retrouvé un projet de budget qui aurait été élaboré par Luc Frieden. Ce projet devrait le démontrer noir sur blanc : le CSV serait bien plus méchant (d’un point de vue social) que la coalition tricolore alors qu’il aurait envisagé des mesures d’économie à maints égards plus dramatiques que celles proposées par le gouvernement. Pour ne pas porter préjudice au rapporteur socialiste du projet de budget, le LSAP, ancien coalitionnaire du CSV, est blanchi en avançant que c’est lui et lui seul qui aurait évité au pays les terribles mesures d’austérité chrétienne-sociale.

Le gouvernement n’aime pas la critique. Ce qui compte pour l’équipe Bettel c’est que le plus grand parti du pays se taise et cela surtout dans le domaine de la famille ! Cette attitude ne se limite d’ailleurs pas qu‘au CSV alors que les syndicats et les organisations représentatives du patronat sont unanimes pour dire que le dialogue social n’existe plus.

Seuls les démoscopes pourraient parvenir à changer la donne. Même si le Chef du gouvernement dit ne pas être le „chouchou“ des sondages, fort d’un taux de désapprobation de quelques 67 %, il semble déjà vouloir infléchir sa politique des allocations familiales. Est-ce le début de la fin de la révolution copernicienne ? On le verra bien.

Conclusion du CSJ : Si révolution copernicienne il y avait, c’est bien au niveau de la communication gouvernementale qu’il faudrait la chercher. Si en avril gouverner était encore prévoir, aujourd’hui gouverner c’est se vendre…coûte que coûte !

Communiqué par le Comité national du CSJ