Coupes budgétaires au prix de la culture


Le CSJ regrette fortement l’attitude du gouvernement face au monde culturel luxembourgeois.
La volonté de résilier l’entièreté des conventions culturelles, annoncée par la ministre de la Culture et du Logement Maggy Nagel et l’ensemble des annulations récentes que le ministère de la culture a entreprises, reflètent une attitude du gouvernement bleu-rouge-vert envers la culture qui, selon les jeunes chrétiens-sociaux, est tout à fait inappropriée.
Il semble en effet que la ministre Maggy Nagel n’ait pas encore compris que la politique culturelle ne peut être réduite aux lois du new public management, car la culture a des vertus qui ne sont pas quantifiables, mais qui sont appréhensibles uniquement de manière qualitative. Une évaluation de la culture se faisant exclusivement selon le rapport coût/efficacité est à nos yeux complètement inadaptée, car elle ne tient pas compte des bienfaits immatériels de celle-ci, fût-ce pour l’Homme ou pour l’image de notre pays.
Le coût de la tournée en Chine de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg aurait sans aucun doute été élevé, mais les gains en termes d’attractivité, d’hospitalité et de fiabilité que celle-ci aurait pu procurer à notre pays auraient été autant plus importants et ceci spécialement si ce sont nos relations avec un géant économique tel que la Chine qui sont en jeu.
Dans le même ordre d’idées, l’annulation du projet d’exposition préparé par l’Université du Luxembourg, intitulé “la Petite Guerre – le Luxembourg entre 1914 et 1919”, constitue une erreur alors que l’Europe fête le triste centenaire de la Grande Guerre. Les coupes budgétaires ne peuvent se faire au prix de notre histoire. Cet évènement d’envergure nationale aurait été une contribution indubitable à la mémoire collective de notre pays et aurait pu constituer un outil de sensibilisation important aux dangers de la guerre.
Le CSJ se demande dès lors, si des évènements aussi importants pour notre histoire sont sacrifiés sur l’autel des économies « courageuses » du gouvernement, Monsieur Bettel renoncera-t-il l’année prochaine à décerner en grosse pompe le prix du film luxembourgeois ?
Ce serait en tout cas dans la logique gouvernementale. Il faut économiser. Faute de courage et de visions on s’attaque d’abord à la culture.
Tout ceci, accouplé à la maladresse avec laquelle le premier ministre Xavier Bettel a communiqué sa décision de suspendre cette exposition, révèle selon le CSJ de sérieux doutes quant à la compétence du gouvernement à gérer la politique culturelle. D’aucuns seraient enclins à penser que cette approche bornée toucherait encore à bien d’autres domaines…